NON A L’AUSTERITE, NON A LA CASSE DE LA PJJ !
Avec la perspective d’un plan d’austérité, pénalisant essentiellement les salariés et les fonctionnaires, cette rentrée s’annonce difficile pour les personnels de la PJJ. Pour le gouvernement, la seule solution pour résoudre la crise financière est un plan de rigueur qui touchera très peu les hauts revenus, mais essentiellement les salariés des classes moyennes et défavorisées. Utilisant l’argument de la dette, il poursuit sa logique de baisse des dépenses publiques qui entraînera encore une réduction de l’emploi et des recettes fiscales tout en aggravant les inégalités. D’un côté, des « mesurettes » qui exonèrent les hauts revenus de toute taxation, de l’autre, après la réforme des retraites, une augmentation des prélèvements obligatoires (CSG), des suppressions massives d’emplois publics et la stagnation du pouvoir d’achat pour les salariés. A cela s’ajoutent des mesures présageant une diminution des dépenses de santé, transférées aux mutuelles. Celles-ci augmenteront les cotisations pour tous et les difficultés d’accès aux soins pour les plus modestes. Tentant de faire écran à cette insécurité sociale, les annonces et mesures sécuritaires se poursuivent et dans le contexte de pré-campagne électorale, peuvent prendre de plus en plus d’importance.
A la PJJ, alors que la loi Mercier, votée durant l’été, franchit un pas décisif pour aligner la justice des mineurs sur celle des majeurs, fin juillet, la direction de la PJJ annonçait aux organisations syndicales de nouvelles réductions d’emplois et la mise en place de nouvelles structures d’accueil immédiat, à titre expérimental.
Aux dires de l’AC, le Projet Stratégique National 2008/2011 arrivant à échéance, la PJJ devait connaître une « pause » dans la marche forcée des réformes et l’on nous assurait aussi que cette petite administration ne pouvait aller au-delà de l’effort fourni en matière de réduction d’emplois. Mais les arbitrages rendus et les commandes politiques ont invalidé quelque peu les prévisions de la direction de la PJJ qui se voulaient rassurantes. En tout état de cause, les personnels vont encore devoir faire face à une réduction des moyens budgétaires et humains en même temps qu’à une mise en place imposée de nouvelles structures dont le fonctionnement et l’objectif ont été quasiment fixés par le gouvernement. La RGPP poursuit la casse du service public d’éducation de la PJJ :
Les plates formes CHORUS existantes à la PJJ et à l’AP vont être progressivement intégrées dans les plates-formes ministérielles.
Les 56 postes d’agents de la PJJ qui y travaillent actuellement seront intégrés dans les effectifs du Secrétariat Général. De plus, les arbitrages ayant été défavorables à la PJJ, 20 postes supplémentaires devront rejoindre le Secrétariat Général. Au total, ce sont donc 76 postes, essentiellement administratifs qui vont disparaître de la PJJ pour renforcer le SG, diminuant d’autant le nombre de personnels indispensables au bon fonctionnement des services éducatifs de la PJJ et, plongeant dans l’incertitude les personnels concernés, sur leur conditions de travail et leur déroulement de carrière. Dès la fin 2011, des suppressions d’emplois dans tous les corps seront effectives et d’ores et déjà, les contractuels sont massivement touchés par les non renouvellement de contrats. Une partie des avancements validés en CAP a été annulée.
L’instrumentalisation de la PJJ par les politiques sécuritaires se poursuit aussi :
La transformation de 20 EPE en CEF est confirmée afin de mettre en place une des dispositions de la loi MERCIER qui étend les possibilités de placement en CEF à des mineurs primo délinquants. 60 emplois en 2012 et 30 en 2013 y seront consacrés.
Par ailleurs, il est prévu d’augmenter le nombre des ERS (Etablissements de Réinsertion Scolaire) pour atteindre environ 20 établissements et la PJJ devra fournir un ou deux agents par établissement sans aucune garantie que ceux-ci soient remplacés sur leur service d’origine.
Enfin, cerise sur le gâteau, le député du Gard, Yvan Lachaud a été chargé d’expérimenter la mise en place d’établissements de placement provisoire d’observation et d’orientation (EPPOO). Suite à une mission, confiée par Nicolas Sarkozy à Yvan Lachaud, celui-ci avait produit un rapport qui restera dans les annales des lieux communs concernant la délinquance juvénile mais qui font le creuset des politiques sécuritaires les plus dangereuses. Dans ce rapport, le député proposait « la mise en place à titre expérimental, d’établissements de placement provisoire d’observation et d’orientation qui s’apparenteraient aux anciens CPI » ainsi que la création, dans les mêmes départements, d’unités de prévention de la délinquance des mineurs (UPDM), sortes de brigades de police spécialisées dans le repérage des mineurs, réputés comme les plus difficiles, dans les quartiers.
Repérage et assignation à résidence, au prétexte de rendre lisible pour les citoyens la réponse judiciaire, tels sont les objectifs assumés et visés par ces deux préconisations du député Lachaud.
Ainsi, au niveau de la PJJ, des structures existantes vont être transformées en EPPOO afin d’accueillir sans délai et en file active, des mineurs déférés, pour une durée de 7 jours, durant lesquels, devront être mis en œuvre, selon le projet de l’AC, « un accompagnement éducatif intensif et une surveillance et un contrôle strict du mineur ».
Poursuite de la réduction de l’emploi public et du gel salarial pour les fonctionnaires.
Suppressions massives de postes, licenciement des contractuels, fermetures de services, transformations d’EPE en CEF ou en EPPOO, appauvrissement des solutions de placement diversifiées, mises à disposition de personnels pour l’Education Nationale :
Pour réduire les coûts du service public, les moyens de la PJJ continuent d’être gravement amputés.
Pour répondre aux commandes sécuritaires du gouvernement, l’existant continue d’être ponctionné et les missions éducatives profondément dénaturées pour repérer, enfermer et punir un nombre restreint de mineurs, repérés comme les plus difficiles en abandonnant une grande majorité de jeunes en difficulté au risque d’accélérer leur marginalisation.
Le SNPES-PJJ/FSU appelle les personnels à se réunir pour débattre de la situation à la PJJ en cette rentrée, et organiser les ripostes nécessaires pour défendre nos conditions de travail et nos missions éducatives…Pour ne pas laisser faire, pour ne pas se résigner !